la laisse

Performance / Reenactment

Le point de départ : une metteuse en scène tente de reconstituer l’une des scènes de torture et d’humiliation les plus vu dans le monde.

2003 prison d’Abu Ghraib

La scène se passe dans un couloir de prison sale, avec des feuilles de papier au sol et du tissu qui pend des portes grillagées.

Le soldat Lynndie England tient un prisonnier en laisse. Le contraste est saisissant entre ces deux individus : une femme debout, un homme au sol. Elle est habillée et se tient bien droite sur ses deux jambes, il est nu et semble souffrir. 

La photo est d’autant plus dérangeante qu’elle évoque le registre sexuel. Lynndie England y apparaît comme une dominatrice, une femme qui a réussi à mettre à terre un homme réduit à néant.

A partir de cette tentative de reconstitution, la pièce déploie à la façon d’un cauchemar une série de scènettes d’horreur se fondant les unes dans les autres, traversant l’espace et le temps.

Un morphing horrifique mettant en exergue la multiplicité des rapports de domination à l’œuvre dans cette image.

Photo : Nina Négri.

Conception : Louise Bentkowski.

Avec : Jean-Baptiste Roybon, Sarah Eltchinger, Aristeo Tordesillas.